Citroën XM 2.5 Turbo D
Il y a des voitures qui vieillissent.
Et puis il y a la Citroën XM.
Elle, elle ne vieillit pas vraiment.
Elle se décale.
À sa sortie, en 1989, la XM devait remplacer la CX. Rien que ça. Autant dire qu’elle n’arrivait pas pour vendre trois tapis de sol et deux enjoliveurs chromés.
Elle arrivait avec une mission presque impossible : succéder à l’une des Citroën les plus emblématiques de l’histoire.
Et Citroën n’a pas répondu avec une voiture sage.
Citroën a répondu avec une flèche.
Une grande berline dessinée par Bertone, toute en angles, en surfaces vitrées, en lignes tendues, avec cette allure de vaisseau présidentiel qui aurait raté la route de l’Élysée pour filer directement vers 2001, l’Odyssée de l’espace.
Une voiture étrange. Pas bizarre. Étrange.
La nuance est importante.
Elle a ce que beaucoup de voitures modernes ont perdu : une idée.
Une vraie.
La XM n’a jamais voulu ressembler aux Allemandes. Elle ne cherchait pas à faire croire qu’elle était une Mercedes avec un accent français. Elle assumait son truc à elle : le confort, la route, la technologie, la différence.
Et en 1990, cette audace est récompensée : elle devient Voiture européenne de l’année.
Pas pour faire joli sur une brochure. Parce qu’à l’époque, la XM apporte quelque chose de rare : une suspension Hydractive pilotée électroniquement, capable d’adapter son comportement entre confort moelleux et maintien plus ferme.
La fameuse 13e vitre : inutilement intelligente
Et puis il y a ce détail merveilleux, presque absurde, typiquement Citroën : la fameuse 13e vitre.
Oui, 13 vitres.
Parce qu’une XM berline n’est pas seulement une voiture avec un hayon.
Derrière les passagers arrière, Citroën a ajouté une vitre intérieure, une sorte de seconde lunette qui reste en place quand on ouvre le coffre.
Résultat : on peut ouvrir le hayon sans transformer l’habitacle en hall de gare un soir de février. Moins d’air froid. Moins de bruit. Moins de courant d’air. Et cette impression délicieuse d’avoir à la fois une grande berline statutaire et une voiture pratique. C’est inutilement intelligent.
Donc c’est absolument Citroën.
La Citroën XM 2.5 Turbo D de 1996
Et celle qui nous intéresse ici a un supplément d’âme : la XM 2.5 Turbo D de 1996.
La XM a déjà corrigé une partie de ses erreurs de jeunesse. Présentation modernisée, meilleure finition, image un peu plus rassurante. Elle garde son caractère, mais elle met une chemise propre.
Sous le capot, on trouve le moteur 2.5 Turbo D, connu sous le code DK5ATE.
Mais ce n’est pas le sujet.
Le sujet, c’est l’allonge.
Le couple.
La capacité à avaler l’autoroute avec cette décontraction de vieux diplomate qui a tout vu, tout entendu, et qui n’a plus besoin de hausser la voix pour être respecté.
Une vraie grande routière française
La XM 2.5 TD est une grande routière.
Une vraie.
Elle peut rouler loin, longtemps, vite, dans un confort que beaucoup de voitures actuelles devraient regarder avec un peu d’humilité.
Ce moteur lui donne un visage particulier : moins noble qu’un V6, évidemment, mais beaucoup plus cohérent pour celui qui voulait rouler beaucoup.
Une voiture de passionné, pas une Clio d’occasion
Mais il faut être honnête.
La XM 2.5 TD n’est pas une voiture à acheter comme on achète une Clio d’occasion entre deux baguettes.
C’est une voiture de passionné.
Et elle demande qu’on sache où l’on met les pieds.
Son moteur est réputé agréable, puissant pour son époque, très endurant quand il est bien entretenu.
Mais il traîne aussi une réputation de vigilance, notamment autour de la culasse et du refroidissement.
Sur ce modèle, le circuit de refroidissement n’est pas un détail.
C’est le nerf de la guerre. Radiateur Durites Thermostat Ventilateurs Niveau de liquide Historique d’entretien Tout doit être propre, suivi, cohérent.
L’hydraulique : le charme et l’exigence Citroën
Il faut aussi surveiller l’hydraulique, évidemment.
Nous sommes chez Citroën.
Les sphères, le LHM, les fuites, la direction, la suspension Hydractive : tout cela fait partie de l’expérience.
Ce n’est pas forcément fragile si c’est entretenu.
Mais ce n’est pas une voiture qui pardonne l’indifférence.
La XM aime qu’on s’occupe d’elle.
À bord : l’esprit des grandes Citroën
À l’intérieur, on retrouve ce qui faisait le charme des grandes Citroën : de l’espace, une position de conduite particulière, une planche de bord de phase 2 plus classique que celle des premières versions, mais encore assez singulière pour ne pas ressembler à tout le monde.
Selon les finitions, notamment VSX ou Exclusive, on pouvait trouver : l’Hydractive, la climatisation, les sièges électriques, le cuir, l’ordinateur de bord, le régulateur, et les équipements de grande routière. En 1996, une XM 2.5 TD Exclusive, ce n’était pas une voiture banale.
C’était une vraie voiture haut de gamme française.
Oui, cette phrase semble aujourd’hui presque exotique.
Comme “Minitel haut débit” ou “restaurant d’autoroute gastronomique”.
Mais c’était réel.
Pourquoi la XM reste si attachante
Et c’est peut-être ça qui rend la XM si attachante aujourd’hui.
Elle raconte une époque où Citroën osait encore faire des voitures qui ne plaisaient pas à tout le monde.
Des voitures avec des solutions techniques.
Des voitures avec des bizarreries utiles.
Des voitures qui ne demandaient pas : “qu’est-ce que fait la concurrence ?”
Mais plutôt : “qu’est-ce qu’on peut inventer que personne d’autre n’aurait osé mettre en production ?”
La 13e vitre résume toute la XM.
Personne ne l’avait demandée.
Peu de gens l’ont vraiment comprise.
Mais une fois qu’on sait à quoi elle sert, on se dit : évidemment.
Une voiture paradoxale
La XM 2.5 Turbo D de 1996 est donc une voiture paradoxale. Technologique, mais ancienne. Confortable, mais exigeante. Diesel, mais noble dans son usage. Mal aimée, puis redécouverte.
Longtemps moquée pour sa fiabilité, aujourd’hui regardée avec un mélange de nostalgie et de respect par ceux qui comprennent ce qu’elle représentait.
Ce n’est pas seulement une voiture de collection.
C’est un morceau de culture automobile française.
Une époque où une grande berline pouvait avoir une suspension hydraulique intelligente, une silhouette de concept-car, une treizième vitre et un moteur diesel capable de traverser le pays sans donner l’impression de travailler.
La Citroën XM 2.5 Turbo D 1996 n’est pas parfaite
Tant mieux.
Les voitures parfaites sont souvent ennuyeuses.
La XM, elle, a des défauts, des caprices, des légendes, des forums entiers de débats, des propriétaires amoureux, des sceptiques, des garagistes qui lèvent les yeux au ciel et des passionnés qui répondent : “vous ne pouvez pas comprendre.”
Et c’est probablement vrai.
La XM ne se comprend pas toujours.
Elle se fréquente.
Elle se mérite.
Elle se conduit comme on lit un vieux roman un peu dense : au début, on se demande où l’auteur veut nous emmener.
Puis, tout à coup, on réalise qu’on est déjà parti très loin.
Et puis il y a la Citroën XM.
Elle, elle ne vieillit pas vraiment.
Elle se décale.
À sa sortie, en 1989, la XM devait remplacer la CX. Rien que ça. Autant dire qu’elle n’arrivait pas pour vendre trois tapis de sol et deux enjoliveurs chromés.
Elle arrivait avec une mission presque impossible : succéder à l’une des Citroën les plus emblématiques de l’histoire.
Et Citroën n’a pas répondu avec une voiture sage.
Citroën a répondu avec une flèche.
Une grande berline dessinée par Bertone, toute en angles, en surfaces vitrées, en lignes tendues, avec cette allure de vaisseau présidentiel qui aurait raté la route de l’Élysée pour filer directement vers 2001, l’Odyssée de l’espace.
Une voiture étrange. Pas bizarre. Étrange.
La nuance est importante.
Elle a ce que beaucoup de voitures modernes ont perdu : une idée.
Une vraie.
La XM n’a jamais voulu ressembler aux Allemandes. Elle ne cherchait pas à faire croire qu’elle était une Mercedes avec un accent français. Elle assumait son truc à elle : le confort, la route, la technologie, la différence.
Et en 1990, cette audace est récompensée : elle devient Voiture européenne de l’année.
Pas pour faire joli sur une brochure. Parce qu’à l’époque, la XM apporte quelque chose de rare : une suspension Hydractive pilotée électroniquement, capable d’adapter son comportement entre confort moelleux et maintien plus ferme.
En clair : une grande Citroën qui flotte, mais qui ne se vautre pas.
Un tapis volant avec un cerveau.
La fameuse 13e vitre : inutilement intelligente
Et puis il y a ce détail merveilleux, presque absurde, typiquement Citroën : la fameuse 13e vitre.
Oui, 13 vitres.
Parce qu’une XM berline n’est pas seulement une voiture avec un hayon.
Derrière les passagers arrière, Citroën a ajouté une vitre intérieure, une sorte de seconde lunette qui reste en place quand on ouvre le coffre.
Résultat : on peut ouvrir le hayon sans transformer l’habitacle en hall de gare un soir de février. Moins d’air froid. Moins de bruit. Moins de courant d’air. Et cette impression délicieuse d’avoir à la fois une grande berline statutaire et une voiture pratique.
Donc c’est absolument Citroën.
La Citroën XM 2.5 Turbo D de 1996
Et celle qui nous intéresse ici a un supplément d’âme : la XM 2.5 Turbo D de 1996.
La XM a déjà corrigé une partie de ses erreurs de jeunesse. Présentation modernisée, meilleure finition, image un peu plus rassurante. Elle garde son caractère, mais elle met une chemise propre.
Sous le capot, on trouve le moteur 2.5 Turbo D, connu sous le code DK5ATE.
Quelques chiffres : 4 cylindres diesel 2 446 cm³ 12 soupapes Turbo avec intercooler Injection Bosch Environ 130 chevaux 285 Nm de couple
Sur le papier, ce n’est pas un moteur de dragster. Mais ce n’est pas le sujet.
Le sujet, c’est l’allonge.
Le couple.
La capacité à avaler l’autoroute avec cette décontraction de vieux diplomate qui a tout vu, tout entendu, et qui n’a plus besoin de hausser la voix pour être respecté.
Une vraie grande routière française
La XM 2.5 TD est une grande routière.
Une vraie.
Elle peut rouler loin, longtemps, vite, dans un confort que beaucoup de voitures actuelles devraient regarder avec un peu d’humilité.
Ce moteur lui donne un visage particulier : moins noble qu’un V6, évidemment, mais beaucoup plus cohérent pour celui qui voulait rouler beaucoup.
Le 2.5 Turbo D, c’est la XM des grands trajets.
Celle des VRP élégants, des cadres qui faisaient encore de la route, des familles qui partaient loin sans avoir besoin d’un SUV haut comme une armoire normande.
Une voiture de passionné, pas une Clio d’occasion
Mais il faut être honnête.
La XM 2.5 TD n’est pas une voiture à acheter comme on achète une Clio d’occasion entre deux baguettes.
C’est une voiture de passionné.
Et elle demande qu’on sache où l’on met les pieds.
Son moteur est réputé agréable, puissant pour son époque, très endurant quand il est bien entretenu.
Mais il traîne aussi une réputation de vigilance, notamment autour de la culasse et du refroidissement.
Sur ce modèle, le circuit de refroidissement n’est pas un détail.
C’est le nerf de la guerre. Radiateur Durites Thermostat Ventilateurs Niveau de liquide Historique d’entretien
L’hydraulique : le charme et l’exigence Citroën
Il faut aussi surveiller l’hydraulique, évidemment.
Nous sommes chez Citroën.
Les sphères, le LHM, les fuites, la direction, la suspension Hydractive : tout cela fait partie de l’expérience.
Ce n’est pas forcément fragile si c’est entretenu.
Mais ce n’est pas une voiture qui pardonne l’indifférence.
La XM aime qu’on s’occupe d’elle.
Elle a un petit côté diva, mais une diva qui vous masse le dos à 130 km/h.
À bord : l’esprit des grandes Citroën
À l’intérieur, on retrouve ce qui faisait le charme des grandes Citroën : de l’espace, une position de conduite particulière, une planche de bord de phase 2 plus classique que celle des premières versions, mais encore assez singulière pour ne pas ressembler à tout le monde.
Selon les finitions, notamment VSX ou Exclusive, on pouvait trouver : l’Hydractive, la climatisation, les sièges électriques, le cuir, l’ordinateur de bord, le régulateur, et les équipements de grande routière.
C’était une vraie voiture haut de gamme française.
Oui, cette phrase semble aujourd’hui presque exotique.
Comme “Minitel haut débit” ou “restaurant d’autoroute gastronomique”.
Mais c’était réel.
Pourquoi la XM reste si attachante
Et c’est peut-être ça qui rend la XM si attachante aujourd’hui.
Elle raconte une époque où Citroën osait encore faire des voitures qui ne plaisaient pas à tout le monde.
Des voitures avec des solutions techniques.
Des voitures avec des bizarreries utiles.
Des voitures qui ne demandaient pas : “qu’est-ce que fait la concurrence ?”
Mais plutôt : “qu’est-ce qu’on peut inventer que personne d’autre n’aurait osé mettre en production ?”
La 13e vitre résume toute la XM.
Personne ne l’avait demandée.
Peu de gens l’ont vraiment comprise.
Mais une fois qu’on sait à quoi elle sert, on se dit : évidemment.
C’est ça, une vraie Citroën.
Pas une voiture qui ajoute un écran plus grand pour faire moderne.
Une voiture qui observe un problème réel, presque domestique, presque trivial, et qui invente une réponse élégante.
Une voiture paradoxale
La XM 2.5 Turbo D de 1996 est donc une voiture paradoxale. Technologique, mais ancienne. Confortable, mais exigeante. Diesel, mais noble dans son usage. Mal aimée, puis redécouverte.
Longtemps moquée pour sa fiabilité, aujourd’hui regardée avec un mélange de nostalgie et de respect par ceux qui comprennent ce qu’elle représentait.
Ce n’est pas seulement une voiture de collection.
C’est un morceau de culture automobile française.
Une époque où une grande berline pouvait avoir une suspension hydraulique intelligente, une silhouette de concept-car, une treizième vitre et un moteur diesel capable de traverser le pays sans donner l’impression de travailler.
La Citroën XM 2.5 Turbo D 1996 n’est pas parfaite
Tant mieux.
Les voitures parfaites sont souvent ennuyeuses.
La XM, elle, a des défauts, des caprices, des légendes, des forums entiers de débats, des propriétaires amoureux, des sceptiques, des garagistes qui lèvent les yeux au ciel et des passionnés qui répondent : “vous ne pouvez pas comprendre.”
Et c’est probablement vrai.
La XM ne se comprend pas toujours.
Elle se fréquente.
Elle se mérite.
Elle se conduit comme on lit un vieux roman un peu dense : au début, on se demande où l’auteur veut nous emmener.
Puis, tout à coup, on réalise qu’on est déjà parti très loin.
XM 2.5 Turbo D